* Pan ! .. *
Soudainement, un bruit résonne. Je ne sais pas d'où ça vient. Mon visage se fige. Mon regard se tourne vers Évelyne. Les yeux fixés sur l'écran de la télévision, elle rit devant les Simpsons. Visiblement, je suis la seule à avoir entendu ce bruit sourd. Un mal être subite m'envahit. Nous sommes le 21 février 2008, il est 19h45.
Mécaniquement, j'attrape mon téléphone et appelle Candice. Je ne sais pas pourquoi elle, je n'en ai pas la moindre idée. Mais c'est avec elle que je veux parler. Elle décroche. Je me sens tout de suite un peu mieux. Elle est en vacances, auprès de son frère je crois. Je me réjouie pour elle, ça faisait longtemps qu'elle voulait le revoir.
Je me met à lui parler de Robert. Je lui raconte sans raison les sentiments que j'éprouvais pour lui auparavant. Il me manque. À elle aussi. On rit en pensant à ses conneries. Elle me confit son inquiétude : Robert lui avait demandé de ne pas partir, de rester avec lui. Elle m'explique longuement qu'elle avait hésité, et que finalement elle était partit. Elle s'inquiète. Vers la même heure à laquelle j'ai entendu ce bruit et où ce mal être est apparu, elle, de son côté, avait également ressentit quelque chose de négatif.
Le rapprochement est trop évident.
Mais je décide de ne pas lui en parler. J'ai mal à la tête, et mes yeux pleurent sans raison.
Évelyne en face de moi a décroché de sa série, et ne comprend pas ce qu'il m'arrive. Je dit à Candice que je suis chez une amie, et que je dois donc la laisser. Je pose mon téléphone, et retourne sur le canapé auprès de Candice. Celle-ci m'interroge sur ma réaction. J'hausse les épaule, moi-même je ne comprend pas.
Nous ne savons que faire de notre soirée. Visiblement rien d'intéressant n'est prévu au programme télé. Nous décidons donc de regarder un DVD. Je ne connais pas celui-ci, le nom m'a d'ailleurs échappé. Je regarde attentivement le film, mais pourtant je ne porte pas d'intérêts aux évènements de celui-ci. Je suis totalement ailleurs, c'est comme si tout ce qui se trouvait autour de moi n'existait pas, comme si tous les éléments constituant le monde qui m'entoure étaient factices.
Soudainement, l'action se passant à l'écran retient mon attention. Un homme dont on ne distingue que la silhouette avance à petit pas. Peu à peu, Évelyne et moi découvrons son identité. Il s'agenouille. Son visage est serein. Mais c'est alors qu'un coup de feu part. D'une seule balle, l'homme s'étale à terre. Sa tête est en morceaux, ceux-ci étant dispersés dans toute la pièce où il se trouve. Du sang coule. Cette image me donne des frisons. Il me semble que le film se termine. L'écran s'éteint. Évelyne met le canapé en lit pour moi, et part se coucher dans sa chambre tout en me souhaitant amicalement une bonne nuit.
Je m'allonge sur le dos et coupe la lumière. Mon regard se tourne vers la fenêtre. La lueur des réverbères est attrayante. Envahie d'un sentiment inexplicable, je patiente. Je sais que demain sera source de réponse(s).
[ Texte de moi ]